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XH.XYOOJ THOJ PAUL YUAV UA THAWJ TUG LEEJ NTSHIAB HMOOB

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Suav neeg tuaj saib, txij hnub 17/09/2010 los mus.


    Lettre d'une âme damné / Letter from a damned soul

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    Maiv Paj Lug
    Tswv Cuab Hmong Catholique
    Tswv Cuab Hmong Catholique

    Messages : 1631
    Date d'inscription : 2009-08-17

    Lettre d'une âme damné / Letter from a damned soul

    Post  Maiv Paj Lug on 3rd October 2009, 1:09 pm

    Dans
    les papiers d'une jeune fille morte au couvent, on a retrouvé ce
    manuscrit. Examiné et ayant reçu l'imprimatur, il est
    conforme à la saine Théologie, à l'Évangile.


    J'avais une amie. Nous étions en contact à (...),
    où nous travaillions l'une à côté de l'autre
    dans une maison de commerce.
    Plus tard, Annette
    se maria et je ne la vis plus.

    En automne 1937 je passais mes
    vacances au bord du lac de Garde. Ma mère m'écrivit vers
    la fin de la deuxième semaine de septembre: "Pense un peu, Annette N. est morte! Elle s'est
    tuée dans un accident d'automobile. On l'a enterrée hier
    au Waldfriedhof" (cimetière du bois).

    Cette nouvelle me fit
    très peur. Je savais qu'Annette n'avait jamais été
    très chrétienne
    .
    Était-elle prête à paraître devant Dieu, qui
    la rappelait à l'improviste?

    Le matin suivant, j'assistai à
    la Messe pour elle
    dans la chapelle des sœurs chez qui je
    demeurais, priant avec ferveur pour
    la paix de son âme, et je communiai aussi à son intention.

    Mais toute la journée j'éprouvai
    un certain malaise
    , qui augmenta encore dans la soirée.

    Je dormis d'un sommeil agité. A la fin je fus
    réveillée comme si on frappait violemment à la
    porte. J'allumai. L'horloge sur la table de nuit marquait minuit dix.
    Je ne vis personne. On n'entendait aucun bruit dans la maison. Seules
    les vagues du lac de Garde se brisaient monotones contre les murs de la
    rive du jardin. On n'entendait pas un souffle.

    Je réfléchis un moment pour savoir si je devais me lever.
    "Ce ne sont que des sornettes, me dis-je résolument, ton
    imagination est troublée par cette mort". Je me retournai de
    l'autre côté du lit, récitai quelques Pater pour
    les âmes du Purgatoire et me
    rendormis... Alors je fis un
    rêve
    .

    Dans ce rêve, je m'étais levée vers six heures du
    matin pour descendre à la chapelle.
    En ouvrant la porte de ma chambre, je butai sur un paquet de feuilles
    éparses. Je les ramassai aussitôt, reconnus
    l'écriture d'Annette et poussai un cri.

    Toute tremblante, je tenais les feuilles à la main. Je me
    sentais incapable de dire un Pater. J'étais prise à la
    gorge et j'étouffais. Je m'enfuis au grand air, arrangeai mes
    cheveux comme je pus, jetai la lettre dans mon sac et quittai la
    maison.

    Je pris un sentier qui, partant de la grand-route (la fameuse
    "Gardesana"), monte parmi les oliviers, les jardins des villas et les
    broussailles de lauriers.

    Le matin se levait, lumineux. D'habitude, tous les cent pas, je
    m'extasiais devant la vue magnifique qu'on a sur le lac et sur
    l'île de Garde, belle comme dans une fable.
    Le bleu profond de l'eau me ranimait. Je contemplais
    émerveillée la couleur grise du mont Baldo, qui de
    l'autre côté s'élève lentement de 64
    mètres à plus de 2200 mètres au-dessus du niveau
    de la mer.

    Cette fois, au contraire, je n'accordais plus un regard à tout
    cela. Au bout d'un quart d'heure, je me laissai tomber machinalement
    sur un banc appuyé entre deux cyprès, là
    même où la veille j'avais lu avec tant de plaisir la
    "Jungfer Therese" de Federer.


    Je pris la lettre.


    Je rapporte ici cet écrit
    de l'autre monde, mot pour mot, tel que je l'ai lu.



    Clara, ne prie pas pour moi! Je
    suis damnée.

    Si je te le fais savoir et t'en parle assez longuement, ne crois pas
    que ce soit par amitié. Ici
    nous n'aimons personne
    .

    Je le fais contre mon gré, en tant que "partie de cette
    puissance qui veut toujours le Mal et fait le Bien".
    En vérité, je
    voudrais te voir toi aussi aboutir à cet état
    ,
    où j'ai désormais jeté l'ancre pour toujours.

    Ne te fâche pas de cette intention. Ici nous pensons tous de la même
    manière.
    Notre
    volonté est pétrifiée dans le mal
    - ce que
    vous appelez précisément "le mal".
    Même lorsque nous faisons quelque chose de "bien", comme moi en
    ce moment en t'ouvrant les yeux sur l'enfer, ce n'est pas avec une
    bonne intention.

    Te souviens-tu encore qu'il y a quatre ans nous nous sommes connues
    à (...) ? Tu avais alors 23 ans et cela faisait
    déjà six mois que tu étais là-bas lorsque
    j'y arrivai.
    Tu m'as tirée de quelques embarras; comme à une
    débutante tu me donnas de "bons" conseils. Mais que veut dire
    "bons"?
    J'admirais alors ton "amour du prochain". Ridicule! Ton aide
    était vanité pure, ce que d'ailleurs je
    soupçonnais déjà. Ici nous ne reconnaissons rien
    de bon. Chez personne.

    La période de ma jeunesse, tu la connais. Je complète ici
    certaines lacunes. Je n'ai pas été
    "désirée", et n'aurais même pas dû exister:
    je fus "un accident". Mes deux sœurs avaient 14 et 15 ans lorsque je
    vis le jour.


    Si seulement je n'avais jamais
    existé!
    Si je pouvais maintenant m'anéantir,
    échapper à ces tourments! Aucune volupté ne
    pourrait égaler celle d'abandonner mon existence, comme une robe
    cendrée qui se perd dans le néant.

    Mais il faut que j'existe. Je dois exister comme je me suis faite moi-même: avec une
    existence gâchée.

    Lorsque papa et maman, encore jeunes, ont émigré de la
    campagne à la ville,
    l'un et l'autre avaient perdu le contact avec l'Église.


    C'était mieux comme cela. Ils fréquentèrent des
    gens étrangers à l'Église. Ils s'étaient
    connus à une soirée dansante et six mois après
    "durent" se marier.
    Lors de la cérémonie nuptiale ils reçurent
    tellement d'eau bénite que Maman s'est mise à assister
    à la Messe deux fois par an. Mais elle ne m'a jamais appris
    à prier vraiment. Elle se noyait dans les soucis de la vie
    quotidienne, quoique nous ne fussions pas dans la gêne.


    Les mots prier, messe, eau
    bénite, église, je les écris avec une
    répugnance intérieure sans égale.

    J'ai horreur de tout cela, comme j'ai horreur de ceux qui
    fréquentent l'Église et en général de tous
    les hommes et de tous les êtres. Tout nous tourmente. Chaque
    connaissance reçue à l'article de la mort, chaque
    souvenir de choses vécues ou connues est pour nous un feu
    dévorant.

    Et tous nos souvenirs manifestent la grâce que nous avons
    méprisée. Quel tourment! Nous ne mangeons pas, ne dormons
    pas, ne marchons pas avec les pieds.
    Spirituellement enchaînés, nous regardons
    hébétés "avec des hurlements et des grincements de
    dents" la vie que nous avons gâchée: haïssants et
    torturés!

    Tu entends ? Nous, ici, nous buvons
    la haine comme de l'eau. Même entre nous.

    Surtout, surtout, nous haïssons Dieu. Je dois t'éclairer
    là-dessus.


    Les bienheureux au ciel ne
    peuvent que l'aimer, parce qu'ils le voient sans voile, dans son
    éblouissante beauté.

    Cela les béatifie à un point qu'il est impossible de
    décrire. Nous, nous le savons
    et cette connaissance nous rend fous.


    Les hommes sur la terre, qui connaissent Dieu à la
    lumière de la nature et de la Révélation, peuvent
    l'aimer, mais
    ils n'y sont pas contraints.

    Le croyant (j'écris cela en grinçant des dents) qui
    médite et contemple le Christ en croix, les bras étendus,
    finira par l'aimer.
    Mais celui à qui Dieu se présente seulement dans
    l'ouragan, comme le juste vengeur qui fut un jour rejeté par lui
    (et c'est notre cas), celui-là ne peut que le haïr. Avec
    toute la violence de sa volonté mauvaise. Éternellement. En vertu de sa libre décision
    d'être séparé de Dieu
    : décision dans
    laquelle, en mourant, nous avons rendu l'âme et que même
    maintenant nous ne renions pas; et n'aurons jamais l'intention de
    renier.


    Comprends-tu maintenant pourquoi
    l'enfer dure éternellement? Parce que notre obstination ne nous
    quittera jamais.


    Contre mon gré, j'ajoute que
    Dieu est miséricordieux même envers nous.
    Je dis
    bien "contre mon gré". Car, même si j'écris
    volontairement cette lettre, il ne m'est pas pour autant permis de
    mentir, comme je le voudrais tant. Je mets sur le papier beaucoup de
    choses contre ma volonté. Même la fureur des injures que
    je voudrais vomir, je dois l'étouffer.


    Dieu fut
    miséricordieux en ne nous laissant pas aller sur la terre
    jusqu'au bout de notre volonté mauvaise, comme nous
    étions prêts à le faire. Cela aurait
    augmenté nos fautes et nos peines. II nous fit mourir avant
    l'heure, comme moi, ou fit intervenir d'autres circonstances
    adoucissantes.



    Maintenant, il se montre miséricordieux en ne nous obligeant pas
    à nous rapprocher de Lui plus que nous ne le sommes dans ce lieu
    infernal et lointain; cela diminue nos tourments.
    Chaque pas qui me rapprocherait de Dieu me causerait une souffrance
    plus grande que s'il me rapprochait d'un brasier.

    Tu as eu peur un jour, lorsque pendant une promenade je te racontai les
    paroles de mon père un peu avant ma première Communion: "Ma petite Annette, tâche de te faire
    offrir une belle robe, le reste est du bluff et de l'imposture." Devant
    ta peur, j'ai failli avoir honte. Maintenant j'en ris.

    La seule chose intelligente dans cette imposture, c'était de ne
    pas admettre les enfants à la communion avant l'âge de
    douze ans. A ce moment-là, j'avais eu le temps de prendre
    goût au poison des divertissements du monde, je mettais sans trop
    de scrupules les choses religieuses dans un placard et n'attachais pas
    grande importance à la première Communion.


    Que beaucoup d'enfants
    aujourd'hui fassent leur première communion à sept ans
    nous met en fureur.


    Nous faisons tout pour faire croire aux gens que les enfants n'ont pas
    une connaissance suffisante. Notre but est qu'ils commettent d'abord
    quelques péchés mortels.
    Alors la pastille blanche ne fait plus en eux les grands
    dégâts qu'elle accomplit lorsque leurs cœurs vivent encore
    dans la foi, l'espérance et la charité (Pouah! ces
    trucs!) reçues au baptême.

    Te souviens-tu que j'avais déjà soutenu sur terre la
    même idée?

    J'ai fait mention de mon père. Il se disputait souvent avec
    maman. Je n'y fis allusion que rarement devant toi; j'en avais honte. Chose ridicule que la honte du mal! Pour
    nous ici tout se vaut.

    Mes parents ne dormaient même plus ensemble; je couchais avec
    Maman, Papa dans la chambre à côté, où il
    pouvait rentrer librement à toute heure. Il buvait beaucoup,
    gaspillait le patrimoine. Mes sœurs travaillaient comme
    employées et disaient avoir besoin de l'argent qu'elles
    gagnaient. Maman commença à travailler pour gagner sa vie
    aussi.

    Pendant sa dernière année, Papa battait souvent Maman
    quand elle ne voulait rien lui donner. Il fut au contraire toujours
    affectueux avec moi.
    Un jour (je te l'ai raconté, tu as été
    choquée par mon caprice... de quoi n'as-tu pas été
    choquée à mon sujet?), il dut rapporter au marchand deux
    fois de suite des chaussures dont la forme et les talons
    n'étaient pas assez modernes à mon goût.

    La nuit où mon père fut frappé d'apoplexie, il se
    produisit quelque chose que je n'ai jamais réussi à te
    conter par crainte de ta réaction. Maintenant tu dois savoir.

    C'est important, parce que pour la première fois je fus
    assaillie par l'esprit qui me tourmente actuellement.

    J'étais dans la chambre de ma mitre, qui dormait d'un profond
    sommeil. Tout à coup je m'entendis appeler par mon nom. Une voix
    inconnue me dit: "Qu'arrivera-t-il si ton père meurt?"
    Je ne l'aimais plus depuis qu'il brutalisait ma mère; d'ailleurs, je n'aimais déjà
    plus personne,
    j'étais seulement attachée à
    certaines gens qui me témoignaient de la bienveillance. L'amour gratuit, qui
    n'attend pas de récompense sur la terre, n'existe que chez les
    âmes en état de grâce. Et je n'y étais pas.

    Je répondis à cette question imprévue, sans
    chercher d'où cela venait: "II ne va pas mourir!" Après
    un bref silence, de nouveau la même question se fit clairement
    entendre. "Mais il ne va pas mourir!" sortit encore de ma bouche,
    brusquement.
    Pour la troisième fois il me fut demandé:
    "Qu'arrivera-t-il si ton père meurt?" Je revis Papa rentrant
    souvent à la maison plutôt ivre, faisant du tapage,
    maltraitant Maman, et nous mettant dans une position humiliante devant
    les autres. Du coup je m'écriai en colère: "C'est bien
    fait pour lui!"
    Alors tout se tut.
    Le matin suivant, quand maman voulut faire le ménage, elle
    trouva la porte fermée à clef. Vers midi on
    l'enfonça. Mon père, à moitié nu, gisait
    sur le lit, mort. En allant chercher de la bière à la
    cave, il avait dû avoir un malaise. Il était malade depuis
    longtemps.
    (Ainsi Dieu aurait suspendu à la prière de sa fille,
    envers qui cet homme, d'une certaine manière, avait tout de
    même été bon, une dernière chance de se
    convertir?)

    Mme K. et toi m'avez poussée à entrer dans l'Association
    des Jeunes. Les jeux m'amusaient. Comme tu le sais, j'ai tout de suite
    eu un rôle d'animatrice, cela me convenait. Les promenades aussi
    me plaisaient. Je me laissai même entraîner quelquefois
    à me confesser et à communier.
    A vrai dire, je ne trouvais rien à confesser. Mes pensées
    et mes paroles n'avaient pas d'importance à mes yeux. Quant aux
    péchés plus graves, je n'étais pas encore assez
    corrompue pour les commettre.

    Un jour, tu me lanças cet avertissement: "Annette, si tu ne pries plus, tu vas
    à ta perte!
    " Effectivement je ne priais guère, et
    seulement avec répugnance. Aujourd'hui
    je sais que malheureusement tu avais raison.


    Tous ceux qui brûlent en enfer n'ont pas prié, ou pas
    assez. La prière est le premier pas vers Dieu, le pas
    décisif. Spécialement la prière à la
    Mère du Christ, dont nous, nous ne prononçons jamais le
    nom.

    La dévotion envers Elle
    arrache au démon d'innombrables âmes, que le
    péché lui aurait livrées infailliblement.


    Je continue ce récit en écumant de colère, et sous
    la contrainte. Prier est la chose la plus facile que l'homme puisse
    faire sur la terre. Et c'est justement à cette chose très
    facile que Dieu a lié le salut de chacun.
    A celui qui prie avec persévérance, Il donne petit
    à petit tant de lumière, le fortifie d'une telle
    manière, qu'à la fin même le pécheur le plus
    embourbé peut se relever définitivement. Même s'il
    est enfoncé dans la vase jusqu'au cou.

    Dans les dernières années de ma vie je n'ai plus
    prié comme j'aurais dû, et ainsi je me suis privée
    des grâces sans lesquelles personne ne peut être
    sauvé.


    Ici nous
    ne recevons plus aucune grâce. Et même si Dieu nous en
    offrait, nous les refuserions avec cynisme.

    Toutes les fluctuations de l'existence terrestre ont pris fin dans
    cette autre vie. Chez vous sur terre, l'homme peut passer de
    l'état de péché à l'état de
    grâce, puis retomber dans le péché. Souvent par
    faiblesse, parfois par malice.


    Avec la mort toutes ces
    montées et descentes prennent fin, parce qu'elles ont leur
    racine dans l'imperfection de la liberté humaine.
    Désormais nous avons atteint le terme.


    Au fur et à mesure que les années passent, les
    changements deviennent plus rares. Il est vrai que jusqu'à la
    mort on peut toujours se tourner vers Dieu ou lui tourner le dos.
    Cependant, comme entraîné par le courant, l'homme,
    à l'heure du trépas, avec le peu de volonté qui
    lui reste, se comporte selon le pli adopté pendant sa vie.
    L'attitude bonne ou mauvaise devient une seconde nature qui
    l'entraîne avec elle.
    C'est ce qui arriva aussi pour moi. Depuis
    des années je vivais loin de Dieu. A cause de cela, au moment du
    dernier appel de la Grâce, je me décidai contre Lui.


    Ce ne
    sont pas des péchés fréquents qui me furent
    fatals, mais d'avoir repoussé la grâce de la conversion.


    Tu m'as plusieurs fois exhortée à écouter des
    sermons et à lire des livres de piété. "Je n'ai
    pas le temps" était ma réponse habituelle. Il n'en
    fallait pas plus pour alimenter mon doute profond!

    Je dois d'ailleurs constater ceci: les choses en étant à
    ce point peu avant ma sortie de l'Association des Jeunes, il m'aurait
    été extrêmement difficile de changer de voie. Je me
    sentais incertaine et malheureuse, mais un mur se dressait devant ma
    conversion.

    Tu ne sembles pas t'en être doutée. Tu voyais cela d'une
    manière si simple le jour où tu m'as dit: "Mais fais donc une bonne confession,
    Annette, et tout s'arrangera!"
    Je sentais que c'était
    vrai, qu'une bonne confession m'aurait libérée; mais le
    monde, le démon et la chair me tenaient déjà trop
    solidement dans leurs griffes.


    Je n'ai
    jamais cru à l'influence du démon.
    Aujourd'hui je témoigne de sa puissante influence
    sur les personnes qui se trouvent dans la condition où je me
    trouvais.
    Seules beaucoup de prières, celles des autres et les miennes,
    avec des sacrifices et des souffrances, auraient pu m'arracher à
    lui. Et seulement petit à petit.


    S'il y a peu de
    possédés visibles, les possédés invisibles
    sont légion.
    Le démon ne peut pas ôter la
    liberté à ceux qui se mettent sons son influence, mais en
    châtiment de leur apostasie quasi systématique, Dieu
    permet que le "Malin" pénètre en eux.


    Je hais aussi le démon.
    Pourtant il me plaît, parce qu'il cherche à vous faire
    tomber: lui et ses satellites, les esprits
    tombés avec lui aux origines. Ils se comptent par millions.

    Ils errent par toute la terre,
    aussi denses qu'un essaim de moucherons, et vous ne vous en rendez
    même pas compte.


    Ce n'est pas à nous les réprouvés de vous tenter; c'est le rôle
    des esprits déchus.
    En fait cela augmente encore plus
    leur tourment, chaque fois qu'ils entraînent en enfer une
    âme humaine. Qu'est-ce que la haine ne fait pas faire!

    Bien que j'aie marché dans des sentiers éloignés
    de Dieu, Il me poursuivait. Je préparais la voie à la
    grâce par des actes de charité naturelle, que je faisais
    assez souvent par l'inclination de mon tempérament.


    Parfois Dieu m'attirait dans une
    église.
    Alors je sentais comme une nostalgie. Lorsque je
    soignais Maman malgré la fatigue du bureau pendant la
    journée, et d'une certaine manière me sacrifiais
    vraiment, ces appels de Dieu agissaient puissamment.

    Une fois, à l'église de l'hôpital où tu
    m'avais amenée pendant la pause de midi, il m'arriva quelque
    chose qui me mit à un millimètre de la conversion: je
    pleurai!

    Mais les plaisirs et les soucis du monde passèrent comme un
    torrent sur la grâce, et le bon grain fut étouffé
    par les ronces et les épines. En déclarant que la
    religion est une question de sentiment, comme on disait au bureau, je
    jetai au panier avec les autres cet appel suprême de la
    grâce.

    Une fois tu me grondas, parce qu'au lieu de faire une vraie
    génuflexion j'esquissai une révérence
    désinvolte, pliant à peine les genoux. Tu y vis une
    négligence paresseuse.
    Tu n'eus même pas l'air de soupçonner que je ne croyais
    déjà plus à la présence réelle.
    Maintenant j'y crois, mais d'une foi purement naturelle, comme on croit
    à l'orage quand on en voit les effets.


    Entre-temps, je m'étais
    fabriqué une religion à ma sauce. Je croyais à la réincarnation, comme tout le monde
    au bureau, l'âme en renaissant dans un autre individu
    après la mort, indéfiniment.


    La question de l'au-delà recevait une réponse inoffensive
    et cessait d'être angoissante.
    Pourquoi ne m'as-tu jamais rappelé la parabole du mauvais riche
    et du pauvre mendiant Lazare, où le narrateur, le Christ, envoie
    immédiatement après la mort, l'un en enfer, l'autre au
    paradis?... D'ailleurs qu'aurais-tu obtenu? Rien de plus qu'avec tes
    autres discours de bigote!

    Petit à petit je me fabriquai une idole, suffisamment
    élevée pour s'appeler Dieu; suffisamment lointaine pour
    que je n'aie pas à entretenir de relations avec Lui; assez vague
    pour que, au besoin, sans cesser de me dire catholique, elle devienne
    semblable au Dieu du panthéisme, ou à un Dieu
    inaccessible et coupé du monde.


    Ce Dieu n'avait ni paradis
    à offrir ni enfer à infliger.
    Je le laissais en
    paix et II me laissait en paix: tel était mon culte envers lui.
    "Nous croyons volontiers ce qui nous plaît". Au cours des ans, je
    restai assez sûre de ma religion. De cette façon,
    c'était vivable.
    Une seule chose aurait pu me briser la nuque: une longue et profonde
    souffrance. Et cette souffrance ne vint pas. Comprends-tu maintenant ce
    que signifie: "Dieu châtie
    ceux qu'Il aime?"


    Un dimanche de juillet, l'association des jeunes organisa une promenade
    à (...). La promenade m'aurait bien plu, mais tous ces discours
    insipides, vos manières de bigotes! Une autre " icône ",
    bien différente de la Vierge de (...), se dressait depuis peu
    sur l'autel de mon cœur: le séduisant Max N. du magasin
    d'à côté.

    Peu de temps auparavant nous avions plaisanté ensemble. Ce
    dimanche-là, justement, il m'avait invitée à une
    promenade. Sa maîtresse en titre était malade à
    l'hôpital. Il avait compris que j'avais jeté les yeux sur
    lui. Quant à l'épouser, je n'y pensais pas encore. Il
    était de condition aisée, mais se comportait trop
    galamment avec toutes les filles.
    Jusqu'alors, je voulais un homme pour moi toute seule. Non seulement
    épouse, mais seule épouse. J'ai toujours eu, en effet, un
    certain code naturel de conduite.

    (C'est vrai! Annette, avec toute son indifférence religieuse,
    avait quelque chose de noble dans sa conduite. La pensée que
    même des personnes "bien élevées" puissent aller en
    enfer m'épouvantait, alors qu'elle sont assez "mal
    élevées" pour échapper à Dieu).

    Lors de cette promenade Max se prodigua en gentillesses. Eh oui! Nous
    ne tenions pas des discours de curé, comme vous autres.
    Le jour suivant au bureau, tu me reprochas de n'être pas venue
    avec vous à (...). Je te racontai notre promenade. Ta
    première question fut: "As-tu été à la
    messe? - Tu es bête! Comment aurais-je pu, le départ
    étant à six heures?"

    Tu te souviens encore comment j'ajoutai, excédée: "Le bon
    Dieu n'est pas aussi mesquin que vos curés!" Aujourd'hui je dois
    le confesser: Dieu, bien qu'il soit
    infiniment "bon" pèse les choses avec plus de précision
    que tous les prêtres.

    Après cette première sortie avec Max, je vins encore une
    fois à l'association, pour Noël. Quelque chose me poussait
    à revenir. Mais intérieurement, j'étais
    déjà loin. Cinéma, danses, sorties, alternaient
    sans trêve. Max et moi, nous nous disputions quelquefois, mais
    j'ai toujours su le rattraper et le rattacher à moi.

    Ma rivale fut très désagréable: sortie de
    l'hôpital, elle se comporta comme une furie. En fait ce fut une
    chance pour moi: ma noble sérénité fit grande
    impression sur Max, qui finit par me donner la
    préférence. J'avais su la lui rendre odieuse en restant
    calme: extérieurement objective, intérieurement pleine de
    poison. De tels sentiments et un tel
    comportement préparent excellemment pour l'enfer. Ils sont
    diaboliques au sens strict du mot.


    Pourquoi je te raconte cela?
    Pour expliquer comment je me détachai définitivement de
    Dieu
    .
    Non pas, d'ailleurs, que Max et moi ayons souvent
    poussé l'intimité jusqu'à ses limites
    extrêmes.
    Je comprenais que je me serais rabaissée à ses yeux en me
    dormant à lui avant l'heure: c'est pourquoi je sus me retenir.
    Mais de soi, chaque fois que je le croyais utile, j'étais
    toujours prête à tout. Il fallait que je conquière
    Max. Pour cela rien ne serait trop cher.

    De plus, petit à petit nous étions arrivés
    à nous aimer vraiment, ayant tous les deux plusieurs
    qualités précieuses entretenant une estime
    réciproque. J'étais habile, capable, de compagnie
    agréable. Ainsi je tenais Max solidement en main et je
    réussis, au moins pendant les derniers mois avant le mariage,
    à le garder pour moi seule.

    En cela consista mon apostasie: élever une créature au
    rang d'idole. Cela ne peut se réaliser nulle part aussi
    parfaitement que dans l'amour d'une personne du sexe opposé,
    lorsque cet amour reste embourbé dans le temporel. C'est ce qui
    fait son charme, son stimulant et son poison. "L'adoration" que je
    vouais à moi-même dans la personne de Max devint pour moi
    religion vécue.


    A cette époque, au
    bureau, je me déchaînais et
    déversais mon venin centre ceux qui fréquentent les
    églises et les prêtres,
    les indulgences, la
    récitation du rosaire et autres bêtises.

    Tu as
    cherché plus ou moins habilement à défendre ces
    choses. Sans soupçonner apparemment qu'au fond il ne s'agissait
    pas de cela. Je cherchais plutôt un alibi contre ma conscience:
    j'avais encore besoin d'un tel alibi pour justifier mon apostasie.
    Au fond j'étais en pleine révolte contre Dieu.


    Tu ne le
    compris pas; tu me croyais encore catholique. D'ailleurs je
    revendiquais ce titre, je payais le denier du culte. Une certaine
    "contre-assurance", pensais-je, ne peut pas nuire.


    Parfois, peut-être, tes réponses ont fait mouche. Mais
    elles n'avaient pas de prise, parce qu'il ne fallait pas qu'elles en
    aient. A cause de ces relations faussées, la souffrance de notre
    rupture fut légère lorsque nous nous
    séparâmes au moment de mon mariage.
    Avant la cérémonie, je me confessai et communiai encore
    une fois. C'était obligatoire. Mon mari et moi pensions sur ce
    point de la même façon: pourquoi ne pas accomplir cette
    formalité comme les autres?
    Vous appelez sacrilège une telle communion. Eh bien,
    après cette communion "indigne", ma conscience fut
    laissée plus tranquille. D'ailleurs ce fut la dernière.

    Notre vie conjugale se passait en général en parfaite
    harmonie. Nous étions du même avis sur tout.
    Même
    sur le refus du fardeau des enfants. Mon mari aurait bien voulu en
    avoir un, pas plus: je sus l'en dissuader.

    Vêtements, meubles de luxe, thés, sorties, voyages en auto
    et distractions de ce genre comptaient plus que tout. Ce fut une
    année de plaisirs terrestres, entre mon mariage et ma mort
    subite.

    Tous les dimanches nous sortions en voiture, ou visitions mes
    beaux-parents (maintenant j'avais honte de ma mère). Ils
    vivaient à la surface, comme nous. Intérieurement, bien
    s0r, je ne me sentis jamais heureuse, même si
    extérieurement je riais. Il y avait toujours en moi quelque
    chose d'indéfinissable qui me rongeait.
    J'aurais voulu que tout soit fini après la mort (le plus tard
    possible bien entendu).

    Mais il est vrai, comme je l'avais entendu dans un sermon étant
    petite, que Dieu récompense chaque bonne œuvre que l'on
    accomplit. Lorsqu'il ne pourra pas la récompenser clans l'autre
    vie, il le fait sur la terre: j'héritai à l'improviste de
    la tante Lotte. Par ailleurs, mon mari réussit dans son travail,
    et fut très bien payé. Je pus arranger ma nouvelle maison
    d'une manière charmante.

    La religion n'envoyait plus que de loin une lumière pâle,
    faible et incertaine. Les cafés, les hôtels où nous
    allions pendant les voyages, ne portaient certainement pas à
    Dieu. Tous ceux qui fréquentent ces endroits vivaient comme
    nous, de l'extérieur vers l'intérieur, non de
    l'intérieur vers l'extérieur.

    Si en vacances nous visitions des cathédrales, nous cherchions
    à jouir de leur beauté artistique. Le souffle religieux
    qu'elles nous inspiraient encore, spécialement les
    cathédrales romanes et gothiques, je savais le neutraliser en
    critiquant des détails secondaires: un frère convers
    maladroit ou sale, le "scandale" des moines qui voulaient passer pour
    pieux tout en vendant des liqueurs, l'éternel carillon pendant
    les offices, pour faire des sous...

    De cette façon je sus toujours chasser la Grâce quand elle
    frappait. Je donnais libre cours à ma mauvaise humeur, en
    particulier devant les représentations médiévales
    de l'enfer, où le démon rôtit les âmes dans
    des braises rouges et incandescentes, tandis que ses compagnons aux
    longues queues lui amènent de nouvelles victimes.


    Clara! L'enfer, on peut se
    tromper en le dessinant, mais on
    n'exagère jamais!
    Le feu de l'enfer, je l'ai toujours
    pris comme
    cible d'une manière privilégiée. Tu sais comment
    une fois, au cours d'une dispute à ce sujet, je tins une
    allumette sous ton nez et dis sarcastiquement: "Il a cette odeur?" Tu
    éteignis la flamme en vitesse.
    Ici personne ne l'éteint.


    Moi, je
    te dis: le feu dont parle la Bible ne signifie pas le "tourment
    de la conscience". Le feu, c'est du feu! Il faut prendre à la
    lettre ce que Lui-même a dit: "Loin de moi, maudits, dans le feu
    éternel!" A la lettre!


    "Comment l'esprit peut-il être atteint par un feu
    matériel?" demanderas-tu. Comment ton âme peut-elle
    souffrir lorsque tu te brûles les doigts? L'âme ne
    brûle pas, et pourtant quelle douleur! D'une manière
    analogue, ici nous sommes spirituellement liés au feu, selon
    notre nature et nos facultés.

    Notre âme est privée
    de ses ailes; nous ne pouvons penser ni ce que nous vouons, ni comme
    nous le voulons.
    Ne lis pas ces lignes bêtement: cet état qui ne vous dit
    rien, à vous autres, brûle sans me consumer.
    Mais notre
    plus grand tourment consiste à savoir avec certitude que nous ne
    verrons jamais Dieu.

    Comment cela peut-il nous tourmenter tellement, alors que sur terre
    cela nous laissait indifférents? Tant que le couteau reste sur
    la table, il nous laisse indifférent: on voit bien qu'il est
    affilé, mais on ne le sent pas. Plonge ce couteau dans la chair
    et tu te mettras à hurler.

    Maintenant nous sentons la perte de Dieu; avant nous la pensions
    seulement.

    Toutes
    les âmes ne souffrent pas également. Plus on a
    péché avec une méchanceté
    systématique, plus lourdement pèse la perte de Dieu, et
    plus on est opprimé par la créature dont on a
    abusé.



    Les catholiques souffrent plus
    que les autres, parce qu'ils ont reçu et foulé aux pieds
    plus de grâces et de lumières.

    Celui qui a su davantage souffre davantage que celui qui savait moins.
    Celui qui pécha par malice souffre d'une manière plus
    aiguë que celui qui tomba par faiblesse.


    Mais personne ne souffre plus
    que ce qu'il a mérité.
    Ah!
    si seulement ce n'était pas vrai, j'aurais un motif de haïr!
    Tu me dis un jour que personne ne va en enfer sans le savoir: cela
    aurait été révélé à une
    sainte.
    D'abord je m'en moquai, puis je m'abritai derrière: "J'aurai le
    temps de me reprendre", pensais-je secrètement.
    Or cette parole est vraie.
    A l'heure de ma mort, je ne connus pas
    l'enfer tel qu'il est: aucun mortel ne le connaît. Mais j'en ai
    eu pleine conscience: "Si tu meurs, tu vas dans l'autre monde droit
    comme une flèche contre Dieu.
    Tu en supporteras les
    conséquences". Mais je ne fis pas demi-tour,
    entraînée comme je l'ai dit par la force de l'habitude.
    Poussée par la conformité à leur passé, les
    hommes en vieillissant s'enfoncent toujours plus dans la même
    direction.

    Voici maintenant le récit de ma mort.

    Il y a
    une semaine (selon votre temps, car pour la souffrance je
    pourrais dire que je brûle depuis dix ans)
    ,
    nous fîmes une
    sortie le dimanche - ma dernière sortie. Le jour était
    radieux, jamais je ne m'étais sentie aussi bien.

    Je fus envahie
    par un sinistre sentiment de bonheur qui dura toute la journée.

    Au retour, mon mari fut aveuglé à l'improviste par une
    voiture arrivant à toute vitesse. Il perdit le contrôle.
    "Jesses" (Jésus en allemand), ce cri sortit de ma bouche avec un
    frisson. Non pas une prière, mais un cri. Une douleur
    déchirante m'envahit (une bagatelle comparé à ma
    douleur actuelle). Puis je perdis conscience.


    Comme c'est étrange! Ce
    matin-là était née
    en moi, d'une manière inexplicable, cette pensée: "Tu
    pourrais aller encore une fois à la messe."



    Elle
    résonnait comme une imploration. Clair et résolu, mon
    "non" trancha net le fil de ces pensées: "II faut en finir une
    fois pour toutes avec ces choses. Je prends sur moi toutes les
    conséquences."


    Maintenant je les subis. Ce qui arriva sur terre après ma mort,
    tu le sais. Le destin de mon mari,
    celui de ma mère, ce qui
    arriva à mon cadavre et le déroulement de mes
    obsèques me sont connus dans tous leurs détails au moyen
    des connaissances naturelles que nous avons ici.


    Ce qui se
    passe sur la terre, nous ne le voyons que d'une
    manière nébuleuse:
    mais ce qui nous touche de
    près
    de quelque manière, nous le connaissons. Ainsi je vois
    même le lieu où tu séjournes.

    Je sortis du noir brusquement à l'instant du trépas. Je
    me vis inondée par une lumière éblouissante,
    à l'endroit même où gisait mon cadavre.
    Cela
    se
    passe comme au théâtre lorsqu'on éteint la salle:
    le rideau s'ouvre sur une scène imprévisible,
    affreusement lumineuse - la scène de ma vie. Comme dans un
    miroir, je vis mon âme
    , je vis les grâces
    foulées
    aux pieds, depuis ma jeunesse jusqu'au dernier "non" à Dieu.
    Je
    me sentis comme un assassin auquel on présenterait sa victime,
    exsangue: "Me repentir? Jamais! - Avoir honte? Jamais!"
    Cependant je ne pouvais pas résister au regard de ce Dieu que
    j'avais rejeté.


    Il ne me restait qu'une seule
    chose à
    faire: fuir.


    Comme Caïn s'enfuit
    d'Abel, ainsi mon âme fut
    chassée au loin à la vue de cette horreur.


    Ce fut le jugement particulier. Le Juge invisible dit: "Loin de moi!".
    Alors mon âme, comme une ombre jaune de soufre, se
    précipita dans le lieu de l'éternel tourment.


    Ainsi se terminait la
    lettre envoyée par Annette depuis l'enfer.




    Lentement je
    récitai trois Ave Maria. Tout devint clair: tu dois
    t'accrocher fermement à Elle, à la bienheureuse
    Mère du Seigneur; tu dois honorer filialement Marie, si tu ne
    veux pas subir le sort d'une âme qui ne verra jamais Dieu.


    Toute tremblante encore
    à cause de cette terrible nuit, je me
    levai, m'habillai rapidement et descendis en courant les escaliers pour
    aller à la chapelle de la maison.
    Mon cœur battait très
    fort. Les quelques pensionnaires agenouillées près de moi
    me regardèrent; elles pouvaient penser que j'étais
    excitée d'avoir couru dans les escaliers.


    Une vielle dame hongroise,
    simple, éprouvée par la
    souffrance, frêle comme un enfant, myope, mais
    expérimentée dans les choses spirituelles et fervente, me
    dit en souriant l'après-midi, dans le jardin:


    "Mademoiselle,
    Jésus ne veut pas être servi à toute
    allure!"


    Puis elle comprit que
    quelque chose m'avait agitée et m'agitait
    encore.
    Pour me calmer, elle ajouta ces paroles de
    Thérèse d'Avila:




    Que rien ne te trouble,

    Que rien ne t'agite,

    Tout passe, Dieu ne change
    pas,


    La patience Arrive
    à tout


    A qui possède Dieu
    Rien ne manque:


    Dieu seul suffit.



    Tandis qu'elle me
    soufflait ces vers, doucement et non sur un ton
    professoral, il me sembla qu'elle lisait dans mon âme.


    "Dieu seul suffit!" Oui,
    Lui seul devait me suffire, ici-bas et dans
    l'éternité. Je veux le posséder un jour
    là-haut, quels que soient les sacrifices que cela puisse me
    coûter ici-bas.




    JE NE
    VEUX PAS ALLER EN ENFER.



    Maiv Paj Lug
    Tswv Cuab Hmong Catholique
    Tswv Cuab Hmong Catholique

    Messages : 1631
    Date d'inscription : 2009-08-17

    Re: Lettre d'une âme damné / Letter from a damned soul

    Post  Maiv Paj Lug on 3rd October 2009, 1:10 pm

    ____________________________________________________________________________________________

    Traduction in English " Letter from a damned soul "

    In
    the papers of a dead girl in a convent, was found this manuscript.
    Reviewed and having received the imprimatur, it is consistent with
    sound theology, the Gospel.

    I had a friend. We were in contact (...), where we worked alongside one another in a commercial house.
    Later, Annette married and I never saw more.

    In autumn 1937 I spent my vacation at Lake Garda. My mother sent me to
    the end of the second week of September: "Just think, Annette N. is
    dead!" It was killed in an automobile accident. He was buried yesterday
    Waldfriedhof "(cemetery wood).

    This news made me very afraid. I never knew that Annette had been very Christian.
    Was she prepared to appear before God, who suddenly remembered?

    The next morning, I attended the Mass for her in the chapel of the
    sisters with whom I lived, praying fervently for the peace of his soul,
    and I also took communion for her.

    But all day I felt a certain uneasiness, which increased again in the evening.

    I slept a fitful sleep. At the end I was awakened as if struck
    violently at the door. Lit. The clock on the bedside table was midnight
    ten. I saw nobody. There was no sound in the house. Only the waves of
    Lake Garda monotonous broke against the walls of the side garden. There
    was not a breath.

    I thought for a moment whether I should get
    up. "These are just nonsense," I said resolutely, your imagination is
    troubled by this death. " I turned on the other side of the bed, some
    Pater recited for the souls in Purgatory and slept ... Then I had a
    dream.

    In this dream, I got up at six o'clock in the morning to get to the chapel.
    Opening the door of my room, I stumbled on a bunch of scattered leaves.
    I picked them up immediately recognized the handwriting and Annette
    screamed.

    Trembling, I held the sheets in hand. I felt unable
    to say a Pater. I was taken by the throat and choked. I ran to the open
    air, straightened my hair as I could, threw the letter in my bag and
    left the house.

    I took a path which, starting from the main
    road (the famous "Gardesana"), rises among the olive trees, gardens and
    villas of the laurel bushes.

    The morning rose, bright.
    Usually, every hundred yards, I ecstasies with magnificent view we have
    on the lake and the island of Garda, beautiful like a fable.
    The
    deep blue water revived me. I looked amazed the gray of Mount Baldo,
    which the other side rises slowly from 64 meters to over 2,200 meters
    above sea level

    This time, however, I will not give a look at
    this. After quarter of an hour, I threw myself mechanically supported
    on a bench between two cypress trees, even where the day before I had
    read with much pleasure the "Jungfer Therese" Federer.

    I took the letter.

    I here writing this from the other world, word for word as I read.

    Clara, do not pray for me! I am damned.
    If I do know and talk to you about at some length, do not think either of friendship. Here we love someone.

    I do against my will, as "part of that power that always wants evil and does good."
    In truth, I'd like to see you too reach this state, where I now anchored forever.

    Do not be angry that intention. Here we all think the same way. Our wish is petrified in evil - what exactly you call "evil".
    Even when we do something "good" as me right now to open your eyes about hell, this is not a good intention.

    Do you remember that there are still four years we have known (...)?
    You were then 23 years and it was already six months you were there
    when I arrived.
    You've taken some embarrassment as a beginner you gave me "good" advice. But what does "good"?
    I admired then your "love of neighbor." Ridiculous! Your help was pure
    vanity, what indeed I already suspected. Here we do not recognize
    anything good. In person.

    The period of my youth, you know. I
    complete some gaps here. I was not "desired", and would not even have
    existed: I was "an accident". My two sisters were 14 and 15 years old
    when I saw the day.

    If only I had never existed! If I could
    now destroy me, escape from these torments! No pleasure could equal
    that to abandon my life as a dress ash lost in nothingness.

    But it must exist. I do exist as I made myself with a life wasted.
    When Mom and Dad, still young, have migrated from the countryside to the city,
    one and the other had lost contact with the Church.

    It was better that way. They frequented people outside the church. They
    had met at a dance and after six months "had" to marry.
    During
    the wedding ceremony they received so much holy water as Mom began to
    attend Mass twice a year. But she never really learned to pray. She was
    drowning in the worries of everyday life, though we were not in
    poverty.

    The words prayer, mass, holy water, church, I write with an inner repugnance unrivaled.
    I hate all this, as I hate those who attend church and generally of all
    men and all beings. Everything turmoil. Each received the knowledge of
    death, every recollection of things lived or known is for us a
    consuming fire.

    And all our memories manifest the grace we despised. What torment! We do not eat, do not sleep, do not walk with their feet.
    Spiritually chained, we look dazed "with howling and gnashing of teeth" the life we've wasted hating and tortured!

    You hear? We, here, we drink the hatred like water. Even us.
    Mostly importantly, we hate God. I must enlighten you on that.

    The blessed in heaven can only love it because they see it unveiled in its dazzling beauty.
    This beatifies to the point that it is impossible to describe. We, and we know that knowledge makes us mad.

    The men on earth who know God in the light of nature and revelation, can love, but they are not forced.
    The Believer (I write this, grinding his teeth) who meditates and
    contemplates the crucified Christ with outstretched arms, eventually
    love.
    But to whom God appears only in the hurricane, just as the
    avenger who was once rejected by her (and our case), that one can only
    hate. With all the violence of his evil will. Forever. Under its free
    decision to be separated from God in that decision, in dying, we've
    given up the ghost and even now we do not deny him, and will never
    intend to deny.

    Do you understand now why hell lasts forever? Because our stubbornness never leaves us.

    Against my will, I add that God is merciful even to us. I say "against
    my will." Because even if I write this letter voluntarily, I am not
    allowed to lie as much as I like both. I put on paper a lot of things
    against my will. Even the fury of insults that I would vomit, I have to
    stifle.

    God was merciful in not letting us go on the land
    until the end of this evil will, as we were ready to do so. This would
    have increased our faults and our pains. He made us die prematurely,
    like me, or did involve other circumstances softening.

    Now,
    he shows mercy by not forcing us not to get closer to Him more than
    we're in this hellish place and distance; it diminishes our torments.
    Every step brings me closer to God would give me greater suffering than if I approached a brazier.

    You were afraid one day during a walk when I told you what my father
    just before my first Communion: "My dear Annette, try to offer you a
    beautiful dress, the rest is bluff and deception . Before your fear, I
    almost feel ashamed. Now I laugh.

    The only intelligent thing
    in this deception was not to admit children to Communion before the age
    of twelve. At this point, I had the time to taste the poison of the
    entertainment world, I set without too many scruples religious matters
    in a closet and did not attach great importance to the first Communion.


    How many children today do their first communion at seven years puts us in a fury.

    We do everything to make people believe that children have insufficient
    knowledge. Our goal is that they first commit some mortal sins.
    Then the white patch is no longer in them the great damage that is
    doing when their hearts are still living in faith, hope and charity
    (Ugh! This stuff!) Received baptism.

    Do you remember that I had already supported on the ground the same idea?

    I mentioned my father. He often quarreled with mom. I only rarely
    alluded to thee, I was ashamed. Ridiculous that the shame of evil! For
    us here anything goes.

    My parents do not even slept together,
    I slept with Mom, Dad in the next room, where he could go freely at all
    hours. He drank heavily, squandered heritage. My sister worked as
    employees and said they needed the money they earned. Mom began to work
    for a living too.

    During his senior year, Dad beat Mom often when she would not give him. It was, instead, always affectionate with me.
    One day (I've told you, you were shocked by my whim ... what have you
    been shocked about me?), He must report to the dealer twice footwear
    whose form and heels were too modern for my taste.

    The night
    my father was stricken with apoplexy, he produced something that I
    never got to tell you for fear of your reaction. Now you need to know.

    This is important because for the first time I was assailed by the spirit that torments me today.

    I was in the bedroom of my miter, which was in a deep sleep. Suddenly I
    heard someone call my name. An unfamiliar voice told me: "What happens
    if your father dies?"
    I no longer loved her since he bullied my
    mother, and besides, I did have one left, I was only committed to
    certain people who showed me the kindness. Free Love, who expects no
    reward on earth exists only among the souls in grace. And I was not
    there.

    I answered this unexpected question, without looking
    where it came: "He will not die!" After a brief pause, again the same
    question was clearly heard. "But he will not die!" still left in my
    mouth suddenly.
    For the third time I was asked: "What happens if
    your father dies?" I saw Dad often returning home rather drunk, rowdy,
    abusive mother, and putting us in a humiliating position before the
    other. So I cried angrily: "Well done to him!"
    Then everything was silent.
    The next morning, when Mom wanted to go home, she found the door
    locked. Around noon we drove. My father, half naked, lying on the bed,
    dead. In fetching beer from the cellar, he had been having discomfort.
    He had been ill for a long time.
    (Thus God would be suspended at
    the request of his daughter, to whom this man, somehow, had still been
    a good one last chance to convert?)

    K. and you pushed me to
    join the Youth Association. Games amused. As you know, I immediately
    had a facilitating role, it suited me. Walks also pleased me. I allowed
    myself to sometimes even lead to confession and communion.
    Actually, I found nothing to confess. My thoughts and my words did not
    matter to me. As for the more serious sins, I was not corrupt enough to
    commit them.

    One day, you gave me this warning: "Annette, if
    you do not pray more, you go to your doom!" I actually prayed much, and
    only with reluctance. Today I know that unfortunately you were right.

    All those who burn in hell do not pray, or not enough. Prayer is the
    first step towards God, the decisive step. Especially prayer to the
    Mother of Christ, we, we never pronounce the name.
    Devotion to the devil snatches it countless souls that sin inevitably would have delivered.

    I continue this story foaming with anger, and coerced. Prayer is the
    easiest thing that man can do on earth. And it is precisely this easy
    thing that God has bound salvation to everyone.
    A man who prays
    with perseverance, he gradually gives so much light, strengthens such a
    way that in the end even the most sinful mired can rise forever. Even
    if he is buried in mud up to his neck.

    In the last years of my life I have prayed as I had, and so I am deprived of the graces without which nobody can be saved.

    Here we get no more grace. And even if God gave us, we should refuse cynicism.
    All movements of earthly existence have ceased in this other life. At
    home on earth, man can move from a state of sin to the state of grace,
    then fall back into sin. Often weak, sometimes maliciously.

    With death all these ups and downs cease, because they have their roots
    in the imperfection of human freedom. Now we've reached the end.

    Gradually, as the years pass, the changes become increasingly rare. It
    is true that until death we can always turn to God or to turn back.
    However, as led by the current man in the hour of death, with the few
    who will still behaves according to the fold adopted during his
    lifetime. The attitude good or bad becomes second nature that brings
    with it.
    This also happened to me. For years I lived away from
    God. Because of this, when the last call of grace, I decided against
    him.

    These are not the sins that I was frequently fatal, but have rejected the grace of conversion.
    You have repeatedly urged to listen to sermons and reading books of
    piety. "I have no time" was my usual response. It was enough to feed my
    profound doubt!

    I should also note this: things are so just
    before I left the Youth Association, he would have been extremely
    difficult to change lanes. I felt uncertain and unhappy, but the wall
    stood before my conversion.

    You do not seem to worry be
    suspected. You saw this in a simple way the day you told me: "But so do
    a good confession, Annette, and everything will work out!" I felt that
    was true, that good faith would have released, but the world, the flesh
    and the devil held me too tightly in their claws.

    I never
    believed in the influence of the devil. Today I testify to its powerful
    influence on people who are in the condition where I was.
    Only many prayers of others and mine, with sacrifices and suffering, could tear me away from him. And only gradually.

    If there is little visible possessed, the possessed are invisible
    legion. The devil can not take away the freedom to make those sounds
    his influence, but in punishment for their apostasy almost
    automatically, God allows the Devil, enters them.

    I also hate
    the devil. But it pleases me, because it seeks to make you fall: he and
    his satellites, the spirits who fell with her origins. They are
    millions. They roam throughout the earth, so dense a swarm of gnats,
    and you do not even remember account.

    This is not the
    reprobates we tempt you, it is the role of fallen spirits. In fact it
    increases even more torment them whenever they lead to hell a human
    soul. What hate does not do!

    While I walked in the paths away
    from God, He pursued me. I was preparing the way for grace through acts
    of charity nature, I did quite often the inclination of my temperament.


    Sometimes God drew me into a church. So I felt like nostalgia.
    When I attended Mother despite the fatigue of office during the day,
    and somehow I really sacrificed, the calls of God acted powerfully.

    Once at the church of the hospital where you had led during the lunch
    break, I happened something that brought me to a millimeter conversion:
    I cried!

    But the pleasures and cares of the world passed a
    torrent of grace and the good seed was choked with brambles and thorns.
    By stating that religion is a matter of sentiment, as it was in the
    office, I threw the basket with the others that appeal to the supreme
    grace.

    Once you scolded me, because instead of making a true
    genuflection I sketched a bow casual, barely bending the knees. You'll
    live a lazy negligence.
    You did not even seem to suspect that I
    did already in the real presence. Now I think, but a faith purely
    natural, as we believe in the storm when we see the effects.

    Meanwhile, I had made a religion in my sauce. I believed in
    reincarnation, as everyone in the office, the soul being reborn in
    another individual after death, forever.

    The question of the afterlife received a response harmless and ceases to be scary.
    Why did not you ever recalled the parable of the rich and the poor
    beggar Lazarus, where the narrator, Christ sends immediately after
    death, one in hell and one in heaven? ... Besides, what would you get?
    Nothing more than your other bigoted speech!

    Gradually I made
    myself an idol, high enough to be called God sufficiently distant that
    I did not maintain effective relationships with Him so vague that, if
    necessary, still say Catholic, it becomes similar to the God of
    pantheism, or a God inaccessible and cut off from the world.

    This God had neither paradise nor hell to offer to be imposed. I left
    him in peace and II left me in peace: such was my devotion to him. "We
    willingly believe what we like." Over the years, I remained fairly sure
    of my religion. In this way, it was livable.
    Only one thing could
    break my neck: a long and deep suffering. And the pain never came. Do
    you understand now what that means: "God chastises those He loves?"

    One Sunday in July, the Youth Association organized a walk (...). The
    walk would have really liked, but all those insipid speech, your manner
    of bigots! Another "icon", very different from the Virgin (...),
    recently stood on the altar of my heart: the seductive Max N. Shop next
    door.

    Shortly before we had joked together. That Sunday, in
    fact, he invited me to walk. His mistress was ill in hospital. He
    understood that I had laid eyes on him. As for him, I never thought of
    it yet. He was well off, but too gallantly behaved with all the girls.
    Until then, I wanted a man to me alone. Not only married, but one wife. I always had, indeed, a natural code of conduct.

    (True! Annette, with all its religious indifference was something noble
    in his conduct. The thought that even those "well educated" can go to
    hell scared me, then it is quite "ill-bred "to escape God).

    At the Drive Max is lavished in kindness. Yes! We did not speeches priest like you.
    The next day at the office, you reproach me for not coming with you
    (...). I told you our walk. Your first question was: "Have you been to
    Mass? - You're stupid!" How could I, being the starting six hours? "

    Do you still remember how I added, exasperated: "The good Lord is not
    as mean as your priests!" Today I must confess to God, although it is
    infinitely "good" weigh things more clearly that all priests.

    After this first outing with Max, I came again to the association, for
    Christmas. Something urged me to return. But inwardly, I was already
    far. Movies, dances, outings, alternating relentlessly. Max and me, we
    were arguing sometimes, but I still managed to catch up and link it to
    me.

    My rival was very unpleasant discharge, she behaved like
    a fury. In fact it was a chance for me, my noble serenity made a great
    impression on Max, who ends up giving me the preference. I knew him the
    odious remaining calm outwardly objective inwardly full of poison. Such
    feelings and such behavior excellently prepared for hell. They are evil
    in the strict sense of the word.

    Why I am telling you this? To explain how I finally detached from God.
    Not, however, that Max and I have often pushed the intimacy to its limits.
    I understand that I should have lowered his eyes at me sleeping on him
    before the hour, which is why I knew myself. But of course, whenever I
    thought useful, I was always ready for anything. I had to conquer Max.
    To do nothing would be too expensive.

    In addition, little by
    little we came to really love us, which have both more valuable
    qualities maintaining mutual respect. I was clever, capable, good
    company. So I wanted Max firmly in hand and I succeed, at least during
    the last months before marriage, to keep to myself.

    Herein
    lies my apostasy elevate a creature to the rank of an idol. This can be
    done anywhere as well as in love with someone of the opposite sex when
    love remains mired in the temporal. This is its charm, its challenging
    and its poison. "Adoration" I vouais myself in the person of Max became
    a religious experience for me.

    At that time, the office, I
    raged and poured my poison center who attend churches and priests,
    indulgences, praying the rosary and other nonsense.

    You have
    searched more or less skill to defend those things. Apparently without
    suspecting that at bottom he was not about that. I was looking for an
    excuse rather against my conscience, I still need such an excuse to
    justify my apostasy.
    Basically I was in open rebellion against God.

    You do not understand, you thought I was still Catholic. Besides, I
    claimed that title, I was paying the alms tax. Some "cons" insurance ",
    I thought, can not hurt.

    Sometimes, perhaps, your answers
    have been hit. But they had no control, because it was not that they
    have. Because of these distorted relationships, the pain of our breakup
    was light when we parted at my wedding.
    Before the ceremony, I
    confessed and took communion again. It was mandatory. My husband and I
    thought about this the same way: why not do this step as the others?
    You call such a sacrilegious Communion. Well, after communion
    "unworthy", my conscience was left quieter. Indeed this was the last.

    Our marriage was in general harmony. We had the same opinion on everything.
    Even the refusal of the burden of children. My husband would have liked to have one any more: I learned to dissuade.

    Clothing, luxury furniture, teas, outings, road trips and distractions
    of this kind were more important than anything. It was a year of
    earthly pleasures, from my marriage and my sudden death.

    Every Sunday we went by car, or were visiting my in-laws (now I was
    ashamed of my mother). They lived on the surface, like us. Inwardly,
    though S0r, I never felt happy, even if outwardly I laughed. There was
    always something in me that indefinable biting me.
    I wanted everything to be finished after the death (as late as possible of course).

    But it is true, as I had heard in a sermon as a child, that God rewards
    each good deed that we perform. When will not reward the other clan
    life he does on earth suddenly I inherited from Aunt Lotte. Also, my
    husband is successful in his work and was very well paid. I could
    arrange my new house in a charming manner.

    Religion gleaning
    from afar a light pale, weak and uncertain. Cafes, hotels where we went
    for travel, wore certainly not God. All those who frequent these places
    lived like we on the outside to the inside, not from inside to outside.


    While on vacation we visited the cathedral, we were trying to
    enjoy their artistic beauty. The religious inspiration that inspired us
    too, especially the Romanesque and Gothic cathedrals, I knew neutralize
    criticizing minor details: a lay brother maladroit or dirty, the
    "scandal" of the monks who wanted to spend piles while selling liquor
    the eternal chime during services, to make as ...

    That way I
    knew always hunt Grace when she knocked. I gave vent to my bad mood,
    especially to medieval representations of hell where the devil is
    roasting souls in red and glowing embers, while his companions with
    long tails bring him fresh victims.

    Clara! Hell, we can make
    mistakes in the drawing, but never exaggerate! The fire of hell, I've
    always taken as the target of a privileged way. You know how once,
    during an argument about this, I held a match under your nose and said
    sarcastically: "He has that smell?" You put out the flame speed.
    Here nobody out.

    I tell you: the fire mentioned in the Bible does not mean the "torment
    of conscience". Fire is fire! It should take literally what he himself
    said: "Far from Me, you cursed, into everlasting fire!" Literally!

    "How the mind can be achieved by a hardware firewall?" you ask. How
    your mind can it suffer when you burn your fingers? The soul does not
    burn, and yet what a pain! Analogously, here we are spiritually related
    to fire, according to our nature and our faculties.

    Our soul is deprived of its wings, we can think or what we vouons, nor as we want.
    Do not read these lines stupidly this state who do not say anything to you, burns without consuming me.
    But our greatest torment is to know with certainty that we will never see God.

    How can we worry so much while on earth that we were indifferent? As
    the knife is on the table, it leaves us indifferent: we see that it is
    sharp, but it does not smell. Plunge the knife into the flesh and you
    will scream.

    Now we feel the loss of God before we thought only.
    All souls do not suffer too. Most were caught with a systematic
    wickedness, more heavily weighs the loss of God, and we are oppressed
    by the creature which has been abused.

    Catholics suffer more than others because they were trampled and more grace and light.

    Anyone who knew more suffers more than he who knew less. He who sinned
    out of malice suffers more acutely than that which fell from weakness.

    But no one suffers more than it deserved. Ah! if only it was not true, I would have a reason to hate!
    You say one day that nobody is going to hell without knowing it was revealed to a saint.
    At first I laughed, then I hide behind: "I'll have time to recover myself, I thought secretly.
    But this word is true.
    At the time of my death, I do not hell known as: no mortal knows. But I
    had full awareness: "If you die, you go into another world, straight as
    an arrow against God.
    You bear the consequences. "But I did not
    turn, trained as I said, by force of habit. Driven by compliance with
    their past, men older sinking ever deeper into same direction.

    Here is the story of my death.
    A week ago (depending on your time, because for the suffering I could
    say I burned ten years), we made a sortie on Sunday - my last trip. The
    day was bright, never had I felt so good.

    I was invaded by a sinister sense of happiness that lasted all day.

    In return, my husband was suddenly blinded by a car coming at full
    speed. He lost control. "Jesse" (Jesus in German), the cry went out of
    my mouth with a shudder. Not a prayer, but a cry. An agonizing pain
    came over me (a trifle compared to my current pain). Then I lost
    consciousness.

    How strange! This morning I was born, an inexplicably this thought: "You could go again to church."

    It sounded like an entreaty. Clear and resolute, my 'no' net cut the
    thread of these thoughts: "We must finish once and for all those
    things. I take upon myself all the consequences."

    Now I
    suffered. What happened on earth after my death, you know. The fate of
    my husband, my mother, what happened to my body and how my funeral are
    known to me in every detail using natural knowledge we have here.

    What happens on earth, we see only a vague way, but what concerns us
    about any way we know it. So I see the same place where you stay.

    I went black suddenly at the moment of death. I found myself inundated
    with a glare at the spot where my corpse was lying. This happens as the
    drama off the room when the curtain opens on a scene unpredictable
    terribly bright - the scene of my life. Like a mirror, I saw my soul, I
    saw the Thanksgiving trampled since my youth to the last "no" to God.
    I felt like an assassin who suddenly finds his victim, bloodless "repent? Never! - Be ashamed? Never!"
    But I could not resist the light of God that I had rejected.

    There remained only one thing to do: fly.
    As Cain fled Abel, so my soul was driven away at the sight of this horror.

    This was particularly the trial. Judge invisible said: "Far from me".
    Then my soul, like a shade of yellow sulfur, rushed into the place of eternal torment.

    Thus ended the letter by Annette from hell.

    Slowly I recited three Ave Maria. Everything became clear: you must
    hold on firmly to her, the Blessed Mother of the Lord, you must fulfill
    filial Mary, if you do not want to suffer the fate of a soul that will
    never see God.
    Trembling yet because of this terrible night, I got up, dressed quickly and ran down the stairs to the chapel of the house.
    My heart was beating fast. The few residents kneeling beside me looked
    at me and they might think I was excited to have ran down the stairs.
    An old Hungarian lady, simple, tried by suffering, frail as a child,
    myopic, but experienced in things spiritual and fervent said, smiling
    in the afternoon in the garden:
    "Mademoiselle, Jesus does not want to be served at full speed!"
    Then she realized that something had disturbed and excited me more.
    To calm myself, she added these words of Teresa of Avila:

    Let nothing disturb you,
    Let nothing get excited,
    Everything passes, God does not change,
    The patient arrives at any
    Who has God lacks nothing:
    God alone suffices.

    While she was blowing these verses slowly and not on a professorial tone, it seemed she could read my mind.
    "God is enough!" Yes, He alone was enough for me, here and in eternity.
    I want to have one day up there, whatever sacrifices it may cost me
    down here.

    I DO NOT WANT TO GO TO HELL.

    Maiv Tooj
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    Re: Lettre d'une âme damné / Letter from a damned soul

    Post  Maiv Tooj on 4th October 2009, 3:25 am



    Nyob zoo Maypajlug,

    Ua tsaug rau koj zaj "Ntsuj plig daim ntawv". Txaus ntshai thiab khuv leej cov neeg tsis xav qheb qhov muag thiab nyiam txoj kev ncaj ncees. Tu siab rau cov neeg tsis xav ua zoo thiab tsis muaj kev ntseeg uas lawv thuam txoj kev ntseeg uas yuav coj lawv ua lub neej kaj nrig nyob ntiaj teb, coj lawv ua lub neej kaj lug rau lub neej tom qab txoj sia tas. Tsis hais los yeej paub hais tias muaj coob heev...Cov tsis tau paub kev ntseeg kuj muaj coob, cov uas paub kev ntseeg es niaj hnub mloog dab phem txias, niaj hnub ua txhaum yam tsis ntshai siab, tsis ntshai qes leej twg los muaj ntau...

    Yog kuv khoom, kuv yuav tuaj muab cov ntsiab lus txhais ua lus Hmoob.




    Npuagtub
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    Re: Lettre d'une âme damné / Letter from a damned soul

    Post  Npuagtub on 5th October 2009, 8:00 am

    Maiv Tooj wrote:

    Nyob Maypajlug,

    Ua tsaug rau koj zaj "Ntsuj plig daim ntawv". Txaus ntshai thiab khuv leej cov neeg tsis xav qheb qhov muag thiab nyiam txoj kev ncaj ncees. Tu siab rau cov neeg tsis xav ua thiab tsis muaj kev ntseeg uas lawv thuam txoj kev ntseeg uas yuav coj lawv ua lub neej kaj nrig nyob ntiaj teb, coj lawv ua lub neej kaj lug rau lub neej tom qab txoj sia tas. Tsis hais los yeej paub hais tias muaj coob heev...Cov tsis tau paub kev ntseeg kuj muaj coob, cov uas paub kev ntseeg es niaj hnub mloog dab phem txias, niaj hnub ua txhaum yam tsis ntshai siab, tsis ntshai qes leej twg los muaj ntau...

    Yog kuv khoom, kuv yuav tuaj muab cov ntsiab lus txhais ua lus Hmoob.

    Yog kawg Maypajlug thiab Maiv tooj, zaj lus maypajlug posted no mas yeej muaj tseeb thiab txaus ntshai heev, tiam sis peb tib neeg feem coob lawv yuav tsis ntseeg vim lawv nyiam ua ywj li lawv lub siab ntshaw xwb. Lawv tsis txhawj txog lub neej tom qab txoj siab tus li, lawv tsuas xav tias ua ib sim xwb yeej meem ua txhij ua txhua txawm phem thiab zoo los ua kom txhua es thiaj li tsim nyog ua ib zaug neeg. Thaum tuag lawm ces yeej tsis nco li lawm, tej lus cov XH. niaj hnub tom tsev teev ntuj xyov puas yuav muaj li ntawd. Kuv kuj tu siab kawg rau cov neeg xav zoo li no. Txawm li cas los peb cov paub yuav tau ua siab ntev thov ntuj pab rau cov neeg tsis to taub txog txoj kev yuav mus nrhiav kom tau txoj sia thiab nyob kaj siab mus li.

    Zoo li peb muaj ib txhia neeg es naws tos txog thaum nws twb paub tias nws yuav tuag lawm es mam li kom tej tub ki mus nrhiav XH. tuaj ua lub cim ntxuav rau tsam nws tsis tau mus ntuj ceeb tsheej. Yog yus tos txog thaum kawg yus mam li ua ntshai tej zaum yuav lig rau yus lawm ces ntshai yuav tsis muaj leej twg pab tau yus.



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    Re: Lettre d'une âme damné / Letter from a damned soul

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      Current date/time is 19th January 2017, 2:07 am